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CHANGEMENT D’HEURE : ET SI NOTRE CORPS AVAIT BESOIN D’UN PEU PLUS DE TEMPS ?

il y a 17 heures
5 min de lecture
Changement d’heure ... une invitation à ralentir


Sommeil perturbé, fatigue, humeur changeante, digestion plus sensible. Le changement d'heure n’est pas toujours aussi anodin qu’on pourrait le penser.


Dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre, nous reculerons nos montres d’une heure. À 3 heures du matin, il sera de nouveau 2 heures.

Une heure de sommeil supplémentaire ? Sur le papier, cela semble plutôt agréable !


Pourtant, notre organisme ne fonctionne pas comme une horloge que l’on règle d’un simple geste.


Il possède son propre rythme, une horloge biologique interne qui influence notre sommeil, notre énergie, notre appétit, notre digestion et même notre humeur.

Alors, comment accompagner notre corps dans cette transition automnale ?


Notre horloge biologique : un chef d’orchestre discret

Au cœur de notre cerveau, une petite région appelée noyau suprachiasmatique coordonne notre rythme circadien, un cycle biologique d’environ 24 heures.

Cette horloge interne régule de nombreuses fonctions :

  • L’alternance entre éveil et sommeil.

  • La sécrétion de certaines hormones, notamment la mélatonine et le cortisol.

  • La température corporelle.

  • Les sensations de faim et de satiété.

  • L'activité digestive.

  • Notre vigilance et notre capacité de concentration.


Son principal repère ? La lumière naturelle.

Lorsque la lumière diminue en soirée, notre organisme se prépare progressivement au sommeil. À l’inverse, la lumière du matin contribue à synchroniser notre horloge biologique et favorise l’éveil.


Le changement d’heure vient modifier temporairement la correspondance entre notre rythme interne et nos horaires sociaux.

Même si le passage à l’heure d’hiver est généralement mieux toléré que celui du printemps, certaines personnes peuvent ressentir un décalage pendant quelques jours.


Pourquoi sommes-nous parfois plus fatigués après le changement d’heure ?

On pourrait penser qu'une heure supplémentaire suffit à nous rendre plus reposés.

Mais la qualité du sommeil ne dépend pas uniquement de sa durée. Sa régularité compte tout autant.


Certaines personnes peuvent alors ressentir :

  • Des réveils plus matinaux que d'habitude.

  • Une somnolence en début de soirée.

  • Une fatigue inhabituelle dans la journée.

  • Des difficultés de concentration.

  • Une irritabilité ou une sensibilité émotionnelle accrue.


À cela s'ajoute le raccourcissement des journées en automne, qui peut influencer notre humeur et notre niveau d'énergie.


Les personnes déjà fatiguées, particulièrement sensibles aux changements de rythme ou souffrant de troubles du sommeil peuvent avoir besoin d'un peu plus de temps pour s'adapter.

L'objectif n'est donc pas de forcer notre corps à suivre immédiatement la nouvelle heure, mais de lui redonner progressivement des repères.


Et si notre digestion était elle aussi concernée ?

C'est un aspect dont on parle beaucoup moins !

Notre système digestif possède lui aussi des rythmes biologiques.

La motricité intestinale, les sécrétions digestives et certaines activités du microbiote évoluent au cours de la journée.


Nos horaires de repas participent à cette organisation.

Lorsque nous modifions brusquement nos habitudes alimentaires ou notre sommeil, certaines personnes sensibles peuvent observer des changements dans leur confort digestif.


Cela ne signifie pas que le changement d'heure provoque directement des troubles intestinaux. Mais il peut contribuer à perturber temporairement les habitudes qui favorisent une digestion régulière.

Pour les personnes sujettes aux ballonnements, à la constipation ou au syndrome de l'intestin irritable, conserver des repères peut être particulièrement utile.


Mon conseil : pendant cette période, privilégiez des repas pris à horaires relativement réguliers, dans le calme, en prenant le temps de mastiquer.

Notre digestion apprécie aussi la régularité.


6 gestes simples pour mieux vivre le passage à l'heure d'hiver

1. Offrez-vous de la lumière naturelle dès le matin

C'est probablement l'un des gestes les plus utiles.

Essayez de sortir 20 à 30 minutes dans la matinée, même lorsque le ciel est couvert.

La lumière du jour aide à synchroniser votre horloge biologique et favorise la vigilance.

Une promenade matinale ou tout simplement aller travailler à pied lorsque cela est possible, peut également contribuer à retrouver de l'énergie.


2. Décalez progressivement vos habitudes

Si vous êtes sensible aux changements d'horaire, commencez quelques jours avant à décaler votre coucher, votre lever et vos repas d'environ 10 à 15 minutes par jour vers la nouvelle heure.

L'idée est d'éviter de brusquer votre organisme.


3. Préservez votre rituel du soir

Le soir, votre corps a besoin de comprendre que la journée se termine.

Diminuez progressivement les lumières, limitez les écrans très lumineux et privilégiez une activité apaisante.

Lecture, musique douce, étirements légers ou respiration lente : choisissez ce qui vous convient.

La régularité de ce rituel est souvent plus importante que sa durée.


4. Accordez quelques minutes à votre respiration

Lorsque nous sommes fatigués ou stressés, notre respiration devient parfois plus rapide et superficielle.

Essayez cet exercice :

  • Inspirez doucement pendant 5 secondes.

  • Expirez pendant 5 secondes.

  • Poursuivez pendant 5 minutes, sans forcer.

Cette respiration lente, proche de la cohérence cardiaque, peut favoriser l'apaisement et faciliter la transition vers le repos.


5. Gardez des repas réguliers et digestes

Pendant quelques jours, évitez de bouleverser simultanément vos horaires de sommeil et vos habitudes alimentaires.

Privilégiez des repas simples, variés, avec des légumes cuits si vous les digérez mieux, des protéines adaptées à vos besoins et de bonnes matières grasses.

Le soir, essayez de terminer votre dîner suffisamment tôt pour ne pas vous coucher en pleine digestion.


6. Bougez, mais respectez votre énergie

L'activité physique régulière participe à la qualité du sommeil et à l'équilibre de notre horloge biologique.

Marche, yoga, tai-chi, mobilité douce ou activité en extérieur : inutile de rechercher la performance.

En cette période de transition, il peut être intéressant d'adapter l'intensité de vos activités à votre niveau de récupération.


Et si ce changement d'heure était aussi une invitation à ralentir ?

Nous vivons dans une société où les horaires, les obligations et les sollicitations imposent souvent leur rythme.

Pourtant, notre organisme continue de fonctionner selon des cycles biologiques qui ont besoin de régularité, de lumière, de mouvement et de repos.


L'automne nous invite naturellement à modifier certaines habitudes.

Non pas à tout arrêter, mais à observer ce dont nous avons réellement besoin.

Peut-être avez-vous besoin de vous coucher un peu plus tôt.

Peut-être de sortir davantage à la lumière du jour.

Ou simplement de vous accorder quelques minutes de calme, sans écran, sans sollicitation et sans obligation.

Ralentir, ce n'est pas perdre du temps. C'est parfois permettre à notre corps de retrouver ses repères.


Écouter son corps plutôt que lutter contre lui

Le changement d'heure peut être l'occasion de prendre conscience de notre relation au sommeil, à la fatigue et à nos rythmes quotidiens.

Si vous vous sentez plus fatigué pendant quelques jours, accordez-vous une période d'adaptation.


En revanche, une fatigue importante ou persistante, des troubles du sommeil prolongés ou une baisse marquée de l'humeur ne doivent pas être systématiquement attribués au changement d'heure. Ils méritent parfois un avis médical.


Dans mes accompagnements en naturopathie, j'accorde une place essentielle à l'observation des rythmes de vie, de la digestion, du sommeil et des facteurs qui contribuent à l'épuisement.

Parce que retrouver de l'énergie ne consiste pas toujours à en faire davantage.

C'est aussi apprendre à mieux respecter les besoins de son organisme.


Et vous, comment vivez-vous le changement d'heure ?

Ressentez-vous davantage de fatigue, des réveils plus matinaux ou au contraire aucun changement particulier ?



Clarisse Caron – Naturopathe

Ralentir pour ressentir – Retrouver un rythme plus respectueux de soi.

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