Fatigue persistante : quels examens faire et pourquoi ?
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Vous dormez mais vous vous réveillez déjà fatiguée.
Vous avez moins d'énergie qu'avant, vous avez du mal à vous concentrer et la moindre journée chargée vous demande un temps de récupération de plus en plus long.
Alors vous mettez peut-être cette fatigue sur le compte du stress, d'un rythme de vie trop intense, de l'âge ou encore de la ménopause.
Pourtant, une fatigue qui persiste, s'intensifie ou devient inhabituelle ne doit pas être négligée. Elle peut notamment être liée à une carence, une anémie, un trouble thyroïdien, un problème métabolique, une infection, un trouble du sommeil ou une autre affection qui mérite d'être recherchée.
La première démarche est donc d'en parler à votre médecin. En fonction de vos symptômes, de vos antécédents et de son examen clinique, il pourra rechercher les causes possibles et, si nécessaire, prescrire des analyses biologiques ou des examens complémentaires adaptés à votre situation.
Car la fatigue n'est pas un diagnostic : c'est un symptôme qui peut avoir de nombreuses origines.
Voici les principaux examens qui peuvent être envisagés avec votre médecin et ce qu'ils permettent d'explorer.
1. La NFS : rechercher notamment une anémie
La numération formule sanguine (NFS) est l'un des examens fréquemment prescrits lorsqu'une fatigue persiste.
Elle permet notamment d'évaluer :
l'hémoglobine ;
les globules rouges ;
les globules blancs ;
les plaquettes.
Une baisse de l'hémoglobine peut révéler une anémie.
Une anémie peut se manifester par une fatigue importante, un essoufflement à l'effort, une sensation de faiblesse, des palpitations, des maux de tête ou encore des difficultés de concentration.
Mais identifier une anémie ne suffit pas : il faut ensuite en rechercher la cause.
2. La ferritine et le bilan du fer : vérifier les réserves
Il est possible d'avoir des réserves en fer insuffisantes avant même qu'une véritable anémie ne soit visible sur la NFS.
La ferritine permet d'évaluer les réserves en fer de l'organisme.
Selon la situation, le médecin peut compléter par d'autres paramètres du bilan martial, notamment la transferrine et son coefficient de saturation.
Une carence en fer peut être favorisée par différents facteurs : règles abondantes, saignements, apports alimentaires insuffisants, grossesse ou problèmes d'absorption digestive.
Elle peut notamment contribuer à une sensation de fatigue, de faiblesse et à une diminution des capacités physiques.
3. La vitamine B12 et les folates
La vitamine B12 et la vitamine B9, ou folates, participent notamment à la formation normale des cellules sanguines.
Une carence peut être associée à de la fatigue et à certaines formes d'anémie.
Une carence en vitamine B12 peut également provoquer des manifestations neurologiques : fourmillements, troubles de la sensibilité ou difficultés cognitives.
Ces dosages peuvent être particulièrement intéressants en présence de facteurs de risque : alimentation végétalienne, maladie digestive, malabsorption ou prise de certains médicaments.
4. La TSH : vérifier le fonctionnement de la thyroïde
La thyroïde intervient dans la régulation de nombreuses fonctions de l'organisme.
Une hypothyroïdie peut notamment s'accompagner de :
fatigue ;
frilosité ;
constipation ;
ralentissement ;
peau sèche ;
prise de poids ;
difficultés de concentration.
La TSH constitue généralement l'examen de première intention pour explorer la fonction thyroïdienne.
En fonction du résultat, des symptômes et des antécédents, le médecin pourra décider de compléter l'exploration, notamment par un dosage de T4 libre ou la recherche d'une origine auto-immune.
Il n'est cependant pas nécessaire de multiplier systématiquement les dosages thyroïdiens chez toute personne fatiguée.
5. Glycémie et HbA1c : explorer l'équilibre glycémique
Une anomalie de la régulation du glucose peut également s'accompagner de fatigue.
Le médecin peut notamment prescrire :
une glycémie à jeun ;
une HbA1c.
L'HbA1c donne une indication de l'équilibre glycémique sur les semaines précédentes et est notamment utilisée pour le dépistage et le suivi du diabète.
Une soif inhabituelle, des urines fréquentes, une perte de poids inexpliquée ou des infections répétées doivent également être signalées au médecin.
6. Fonction rénale et électrolytes
Un bilan peut également comprendre l'évaluation de la fonction rénale avec notamment :
la créatinine ;
l'estimation du débit de filtration glomérulaire ;
le sodium ;
le potassium.
Selon les symptômes et le contexte, d'autres paramètres peuvent être recherchés.
Les reins jouent un rôle essentiel dans l'élimination des déchets et l'équilibre hydrique et minéral de l'organisme.
Certaines anomalies rénales ou électrolytiques peuvent provoquer fatigue, faiblesse ou diminution de la forme générale.
7. Le bilan hépatique
Un bilan hépatique peut comprendre notamment les ALAT, ASAT, GGT, phosphatases alcalines et bilirubine.
Il permet d'apporter des informations sur le foie et les voies biliaires.
Certaines atteintes hépatiques peuvent évoluer avec peu de symptômes spécifiques et parfois se manifester par une fatigue persistante.
Là encore, un résultat anormal doit être interprété dans son contexte et ne permet pas, à lui seul, de poser un diagnostic.
8. CRP et éventuellement VS : rechercher un contexte inflammatoire
La CRP est un marqueur biologique de l'inflammation.
Elle peut augmenter dans de nombreuses situations : infection, maladie inflammatoire, certaines maladies auto-immunes ou autres pathologies.
Elle ne permet donc pas de savoir, à elle seule, pourquoi une personne est fatiguée.
Une valeur élevée constitue plutôt une information supplémentaire qui devra être interprétée avec les symptômes et l'examen clinique.
La vitesse de sédimentation (VS) peut également être utilisée dans certaines situations.
9. La vitamine D : pas systématiquement
On associe fréquemment fatigue et manque de vitamine D.
La réalité est plus nuancée.
Un dosage de vitamine D n'est pas nécessaire chez toutes les personnes fatiguées. Il peut cependant être envisagé lorsqu'il existe des facteurs de risque de déficit ou certaines situations médicales particulières.
Et surtout, découvrir une vitamine D basse ne signifie pas automatiquement qu'elle explique à elle seule une fatigue importante.
Il faut conserver une vision globale.
10. Penser à la maladie cœliaque dans certaines situations
Une fatigue persistante peut parfois être associée à une maladie cœliaque.
Cette piste peut notamment être envisagée en présence de :
troubles digestifs persistants ;
carence en fer inexpliquée ;
anémie ;
perte de poids ;
carences nutritionnelles ;
antécédents personnels ou familiaux évocateurs.
Le dépistage biologique repose notamment sur la recherche des anticorps anti-transglutaminase IgA, généralement associée au dosage des IgA totales.
Il est important de ne pas supprimer le gluten avant d'avoir réalisé les examens nécessaires si une maladie cœliaque est suspectée, car cela pourrait fausser les résultats.
11. Et les hormones chez la femme ?
Chez une femme autour de la quarantaine ou de la cinquantaine, la fatigue est parfois immédiatement attribuée à la périménopause ou à la ménopause.
Les variations hormonales peuvent effectivement influencer le sommeil, l'humeur, la thermorégulation et indirectement le niveau d'énergie.
Mais cela ne signifie pas que toute fatigue à cette période de la vie soit hormonale.
Selon l'âge, les symptômes, le cycle menstruel et les antécédents, le médecin déterminera si des explorations complémentaires sont nécessaires.
Il n'est pas toujours utile de réaliser systématiquement un grand bilan hormonal.
12. Faut-il doser le cortisol lorsqu'on est épuisé ?
Le cortisol est souvent présenté comme « l'hormone du stress ».
Cela conduit parfois à penser qu'il faudrait systématiquement le doser lorsqu'une personne se sent épuisée.
En réalité, le dosage du cortisol n'est pas un examen de routine de la fatigue ou du stress chronique.
Il est utilisé dans des situations médicales précises, notamment lorsqu'une pathologie des glandes surrénales est suspectée.
Un dosage isolé ne permet donc pas simplement de conclure que l'on est « trop stressée » ou que les glandes surrénales sont « épuisées ».
13. D'autres examens peuvent être nécessaires
Il n'existe pas un bilan sanguin universel capable d'expliquer toutes les fatigues.
En fonction des symptômes, des antécédents et de l'examen clinique, le médecin pourra envisager d'autres investigations :
recherches infectieuses ciblées ;
bilan auto-immun ;
CPK en présence de certains symptômes musculaires ;
examens cardiaques ou pulmonaires ;
examens digestifs ;
recherche de pertes sanguines ;
examens d'imagerie ;
exploration du sommeil.
L'objectif n'est donc pas de réaliser toutes les analyses possibles, mais de choisir les examens pertinents en fonction de chaque personne.
Mes analyses sont normales mais je suis toujours fatiguée, que faire ?
C'est une situation fréquente et parfois très décourageante.
On vous dit :
« Vos analyses sont normales. »
Pourtant, vous ne vous sentez pas bien.
Il est important de comprendre qu'un bilan biologique normal ne signifie pas que votre fatigue n'existe pas.
Les analyses sanguines ne permettent pas d'explorer toutes les causes possibles.
Il faut alors élargir la réflexion.
Le sommeil
Dormir huit heures ne signifie pas nécessairement bénéficier d'un sommeil réparateur.
Réveils fréquents, insomnie, syndrome des jambes sans repos ou apnées du sommeil peuvent altérer considérablement la récupération.
Ronflements importants, pauses respiratoires observées pendant la nuit, maux de tête matinaux ou somnolence dans la journée méritent notamment d'être signalés au médecin.
Les médicaments
Certains traitements peuvent favoriser fatigue ou somnolence.
Il est donc utile de faire régulièrement le point avec son médecin ou son pharmacien sur l'ensemble des médicaments et compléments consommés.
Il ne faut évidemment pas interrompre un traitement prescrit sans avis médical.
Le stress chronique et la charge mentale
Une personne peut être physiquement immobile tout en restant intérieurement en état de sollicitation permanente.
Lorsque les périodes de récupération deviennent insuffisantes, la sensation d'épuisement peut progressivement s'installer.
Il devient alors important de s'intéresser non seulement au nombre d'heures de sommeil, mais également au rythme global de vie et à la qualité réelle des périodes de récupération.
Les douleurs chroniques
Vivre avec des douleurs persistantes demande beaucoup d'énergie.
La douleur peut perturber le sommeil, limiter l'activité physique, augmenter la fatigue et rendre la récupération plus difficile.
Fatigue et douleur peuvent alors s'entretenir mutuellement.
Les suites d'une infection
Certaines infections peuvent être suivies d'une fatigue prolongée.
Le Covid long en est aujourd'hui un exemple bien connu, mais d'autres situations infectieuses peuvent également nécessiter une récupération plus longue.
Le malaise post-effort
Un point mérite une attention particulière.
Chez certaines personnes, un effort pourtant modéré entraîne une aggravation importante des symptômes dans les heures ou les jours suivants.
La fatigue augmente, les douleurs peuvent s'intensifier, les capacités cognitives diminuer et la récupération devient anormalement longue.
C'est ce que l'on appelle notamment le malaise post-effort, un symptôme particulièrement important dans l'encéphalomyélite myalgique/syndrome de fatigue chronique (EM/SFC).
Dans cette situation, il est important d'en parler à un professionnel de santé. Il n'est pas toujours adapté de simplement conseiller d'augmenter progressivement l'activité physique.
Quand faut-il consulter rapidement ?
Une fatigue récente ou persistante mérite particulièrement un avis médical lorsqu'elle est intense, inexpliquée ou associée à d'autres symptômes.
Consultez notamment sans tarder en présence d'une perte de poids inexpliquée, d'un essoufflement inhabituel, de douleurs thoraciques, de palpitations importantes, d'une fièvre persistante, de saignements, d'une faiblesse inhabituelle ou de tout symptôme nouveau et préoccupant.
Ce qu'il faut retenir
La fatigue ne devrait pas être systématiquement considérée comme une conséquence normale du stress, de l'âge ou d'un quotidien trop chargé.
Lorsqu'elle persiste, la première étape est d'en parler à son médecin afin d'en rechercher la cause.
Parmi les examens fréquemment envisagés selon la situation, on retrouve notamment :
NFS – ferritine et bilan martial – TSH – glycémie/HbA1c – fonction rénale et électrolytes – bilan hépatique – CRP, auxquels peuvent s'ajouter vitamine B12, folates, dépistage de la maladie cœliaque ou d'autres examens en fonction du contexte.
Et lorsque les résultats sont rassurants mais que la fatigue persiste, l'exploration ne doit pas nécessairement s'arrêter là.
Sommeil, douleurs, alimentation, médicaments, stress, récupération, activité physique et rythme de vie méritent également d'être considérés.
Une fatigue persistante est un signal à écouter, pas simplement quelque chose auquel il faudrait apprendre à s'habituer.




