Et si le microbiote intestinal jouait un rôle dans le poids ?
- il y a 17 heures
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On parle souvent de calories, de volonté, de génétique ou d’activité physique lorsqu’il est question de surpoids.
Mais un acteur longtemps ignoré attire aujourd’hui l’attention des chercheurs : le microbiote intestinal.
⚠️ Soyons clairs : Le microbiote n’est ni la cause unique du surpoids, ni une solution miracle pour perdre du poids.
En revanche, la science montre qu’il peut influencer plusieurs mécanismes clés du métabolisme.
Et c’est là que cela devient intéressant.
Microbiote et métabolisme : quels liens ?
Le microbiote intestinal – cet ensemble de milliards de micro-organismes vivant dans nos intestins – interagit en permanence avec notre organisme.
Des recherches ont mis en évidence son implication dans plusieurs fonctions liées au poids :
1️⃣ L’extraction de l’énergie alimentaire
Certaines bactéries sont capables d’extraire davantage d’énergie à partir des fibres et des glucides complexes.
Deux personnes peuvent manger la même chose…mais ne pas absorber la même quantité d’énergie selon la composition de leur microbiote.
2️⃣ Le stockage des graisses
Le microbiote influence l’expression de certaines enzymes et hormones impliquées dans le stockage lipidique.
Il peut donc moduler, indirectement, la façon dont l’organisme oriente les nutriments vers le stockage ou la dépense.
3️⃣ L’appétit et la satiété
Le microbiote participe à la production de métabolites (comme les acides gras à chaîne courte) qui influencent :
la sécrétion de leptine
la sécrétion de ghréline
les signaux de satiété envoyés au cerveau
Autrement dit, l’intestin dialogue en permanence avec le cerveau via l’axe intestin-cerveau.
4️⃣ L’inflammation de bas grade
Un déséquilibre du microbiote (dysbiose) peut favoriser une inflammation chronique légère mais persistante.
Or cette inflammation est fortement impliquée dans :
la résistance à l’insuline
le syndrome métabolique
la prise de poids progressive
5️⃣ La sensibilité à l’insuline
Certaines altérations du microbiote sont associées à une moins bonne régulation glycémique.
La qualité de l’écosystème intestinal peut donc influencer indirectement le risque de stockage abdominal et de dérèglement métabolique.
Une bactérie particulièrement étudiée : Akkermansia muciniphila
Parmi les bactéries qui suscitent l’intérêt des chercheurs, on retrouve Akkermansia muciniphila.
Plusieurs études ont observé que :
sa présence est souvent diminuée chez les personnes en situation d’obésité ou de syndrome métabolique
sa supplémentation pourrait améliorer modestement certains paramètres métaboliques
Mais il est important de garder du recul :les effets observés restent modérés, et toujours en complément d’un mode de vie adapté.
Il n’existe pas de “probiotique miracle”.
Le microbiote : un facteur parmi d’autres
Le poids est multifactoriel.
Il dépend de :
la génétique
l’alimentation
l’activité physique
le sommeil
le stress
l’environnement
l’histoire hormonale
et… du microbiote
Réduire la problématique du poids à une seule variable serait simpliste.
Mais ignorer le microbiote serait tout aussi réducteur.
Ce qui reste aujourd’hui le plus solide scientifiquement
Pour soutenir un microbiote favorable au métabolisme, les bases restent simples et puissantes :
Une alimentation naturelle, variée et riche en fibres→ légumes, fruits, légumineuses, graines, aliments peu transformés
Une activité physique régulière→ elle améliore la diversité bactérienne
Un sommeil de qualité→ le manque de sommeil perturbe à la fois le microbiote et les hormones de l’appétit
Une gestion du stress efficace→ le stress chronique modifie la perméabilité intestinale et l’équilibre bactérien
Ce sont ces fondations qui transforment durablement le terrain.
Mon approche en naturopathie
Dans ma pratique, je ne considère jamais le poids comme un simple problème calorique.
Je cherche à comprendre :
l’état du microbiote
la qualité du terrain digestif
le niveau d’inflammation
la régulation glycémique
le contexte hormonal
l’impact du stress chronique
Parce que le poids est souvent un symptôme d’un déséquilibre plus global.
L’objectif n’est pas de “forcer” le corps à perdre du poids,mais de restaurer un environnement métabolique favorable.
Lorsque l’intestin retrouve son équilibre, le corps régule souvent plus facilement.
En conclusion
Le microbiote intestinal joue un rôle réel dans le métabolisme et la régulation du poids.
Pas magique. Pas isolé. Mais significatif.
La clé reste une approche globale, progressive et fondée sur les preuves, loin des promesses simplistes.


